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Unified force of AES how can it achieve its goals

Le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition au Mali et de la Confédération des États du Sahel (AES), a officiellement lancé la Force unifiée de l’AES (FU-AES) lors d’une cérémonie à Bamako. Cette initiative marque une étape cruciale pour les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunies en sommet à Bamako les 22 et 23 décembre 2025.

L’objectif principal de cette force multinationale, composée de 5 000 soldats, est de renforcer la coordination sécuritaire et opérationnelle entre les trois pays pour lutter contre les groupes djihadistes et l’insécurité transfrontalière. Selon le général Sadio Camara, ministre malien de la Défense, « la paix, la sécurité et la souveraineté ne se délèguent pas ». Il souligne que cette mutualisation des forces repose sur les valeurs sahéliennes de solidarité et de dignité.

Qu’est-ce que la Force unifiée de l’AES ?

Face à la menace persistante des groupes armés transfrontaliers, les trois États membres de l’AES ont décidé de renforcer leur collaboration militaire. Les défis incluent les attaques armées, l’instabilité des zones frontalières et la mobilité des groupes terroristes entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

La mise en place de la FU-AES s’inscrit dans une stratégie globale visant à :

  • Améliorer le partage d’informations entre les armées
  • Coordonner les opérations militaires
  • Renforcer la sécurité des zones frontalières vulnérables
  • Mutualiser les ressources et les moyens logistiques

Cette force, dirigée par le Général Daouda Traoré du Burkina Faso, a pour mission de neutraliser les sanctuaires criminels et de perturber les activités des groupes armés dans l’espace AES.

Comment la force unifiée pourrait-elle atteindre ses objectifs ?

Soldats de la Force unifiée de l'AES en opération

Pour garantir l’efficacité de la FU-AES, plusieurs leviers stratégiques doivent être activés :

1. Une approche centrée sur les zones stratégiques

Fiacre Vidjenagninou, Chercheur Principal au Behanzin Institute à Cotonou (Bénin) et Chercheur associé Senior à l’Egmont Institute à Bruxelles, insiste sur la nécessité de concentrer les efforts militaires là où l’ennemi est le plus structuré. Il propose une méthode en trois étapes :

  • Collecte et fusion des renseignements : Mettre en place un système intégré pour partager et analyser les informations en temps réel.
  • Action rapide et ciblée : Frapper les groupes armés de manière décisive avant qu’ils ne se réorganisent.
  • Maintien durable du terrain : Assurer une présence militaire continue pour sécuriser les axes, les marchés et les villages, tout en protégeant les populations civiles.

2. Une gouvernance renforcée

L’expert souligne qu’une force militaire, même victorieuse sur le champ de bataille, ne peut garantir la stabilité sans une gouvernance locale efficace. Il identifie plusieurs conditions essentielles :

  • Présence d’une justice locale fonctionnelle pour dissuader les exactions
  • Résolution des conflits fonciers et communautaires
  • Protection des populations contre les violences récurrentes

Sans ces éléments, les groupes armés pourraient profiter des lacunes pour se régénérer et reprendre leurs activités.

3. Une intégration progressive et pragmatique

Vidjenagninou met en garde contre une expansion trop rapide de la FU-AES. Selon lui, l’approche la plus efficace serait de :

  • D’abord prouver l’efficacité de la force avec les trois États membres actuels
  • Développer une coopération opérationnelle avec les pays voisins, en ciblant des couloirs spécifiques
  • Renforcer les accords de poursuite transfrontalière
  • Établir progressivement la confiance avant d’envisager une intégration formelle plus large

Les défis persistants

Malgré les avancées, les groupes armés restent actifs, comme en témoigne le blocus imposé par le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) sur les approvisionnements en carburant au Mali. Les opérations conjointes menées par les armées des trois pays, telles que Yéréko I et Yéréko II, ont permis de neutraliser plusieurs chefs djihadistes, mais la menace persiste.

Lors du sommet de Bamako, les chefs d’État de l’AES évalueront les progrès réalisés depuis la création de la confédération en juillet 2024. Ils examineront également les défis sécuritaires, diplomatiques et de développement, tout en désignant un nouveau président pour la confédération.

Parmi les autres points à l’ordre du jour :

  • L’institution officielle de la Télévision de l’AES, basée à Bamako
  • Le lancement de la radio Daandè Liptako (La Voix du Liptako), basée à Ouagadougou
  • La création de la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID), avec un capital initial de 500 milliards de francs CFA

Ces initiatives visent à renforcer l’intégration économique et médiatique des trois pays, tout en consolidant leur autonomie face aux institutions régionales traditionnelles.

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