Au Gabon, une décision judiciaire a été rendue récemment qui a secoué la communauté internationale. Un ancien ministre du gouvernement de transition dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema a été remis en liberté après six mois de détention préventive et le versement d'une somme de dix milliards de francs CFA.
La décision, rendue par la chambre d'accusation de Libreville, concerne également plusieurs co-accusés poursuivis dans la même procédure pour détournement présumé de fonds publics. Cette issue interroge la trajectoire de la lutte anticorruption engagée depuis le putsch d'août 2023.
Le mécanisme mis en place par l'ancien ministre et ses co-accusés s'apparente à une transaction judiciaire officieuse, où la restitution financière est acceptée contre le versment d'une enveloppe globale de dix milliards de francs CFA.
Les personnalités concernées avaient été interpellées puis écrouées dans le cadre d'une enquête ouverte pour détournement de deniers publics, une infraction qui relève de la nouvelle Cour spéciale mise en place par les autorités de transition.
La procédure au fond, elle, demeure ouverte. La question traverse désormais le débat public gabonais sur la finalité réelle du dispositif mis en place pour lutter contre la corruption et la détournement de deniers publics.