L’ancien inspecteur de police nigérien Habibou Oumarou Mamane, surnommé « Le Rebelle », a été placé sous mandat de dépôt avec dix autres personnes. Quelques jours auparavant, il avait livré à la télévision publique nigérienne un témoignage évoquant de présumées opérations de déstabilisation impliquant des acteurs en exil et des intermédiaires qu’il disait liés au renseignement béninois. Ange Chekaraou, cité dans cette affaire, a toutefois démenti toute implication.
L’affaire Habibou Oumarou Mamane continue de susciter des interrogations au Niger et au Bénin. Ancien inspecteur de police nigérien connu sous le surnom de « Le Rebelle », il a été placé sous mandat de dépôt le 3 novembre 2026, en compagnie de dix autres personnes, selon plusieurs médias nigériens.
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte régional marqué par des tensions entre Niamey et Cotonou. Quelques jours avant son incarcération, l’ancien policier avait fait des déclarations particulièrement sensibles lors d’un témoignage diffusé par la Radiotélévision du Niger (RTN), la télévision publique nigérienne.
Ses propos, qui évoquent des opérations présumées de déstabilisation du Niger et des connexions possibles avec des acteurs béninois, ont rapidement attiré l’attention. Mais que sait-on réellement de cette affaire ?
Un témoignage télévisé aux accusations sensibles
Le 23 octobre 2026, Habibou Oumarou Mamane s’est exprimé à la télévision publique nigérienne dans le cadre d’un témoignage consacré à des opérations présumées visant la stabilité du pays.
Au cours de cette intervention, l’ancien inspecteur a évoqué des contacts avec plusieurs interlocuteurs qu’il présentait comme liés aux services de renseignement béninois. Il a notamment affirmé avoir été sollicité dans le cadre de démarches visant à localiser le lieutenant-colonel béninois Pascal Tigri.
Selon son récit, des acteurs nigériens établis à l’étranger auraient également participé à des échanges susceptibles de s’inscrire dans des préparatifs de déstabilisation des autorités de Niamey.
Ces déclarations ont alimenté les interrogations sur l’existence éventuelle de réseaux transnationaux impliquant des acteurs politiques en exil et des intermédiaires étrangers.
Toutefois, il convient de rappeler que les affirmations de Habibou Oumarou Mamane constituent, à ce stade, des déclarations personnelles. Leur diffusion sur la télévision publique ne suffit pas à établir la véracité des faits allégués ni à démontrer une implication officielle des autorités béninoises.
Pourquoi le Bénin est-il cité dans cette affaire ?
Le Bénin apparaît dans le dossier à travers les déclarations de l’ancien policier nigérien, qui évoque des interlocuteurs qu’il présente comme liés aux services de renseignement béninois.
Cette dimension donne à l’affaire une portée particulière, compte tenu des relations tendues entre Niamey et Cotonou.
Depuis plusieurs mois, les deux pays évoluent dans un climat de méfiance politique et sécuritaire. Les accusations relatives à de possibles activités hostiles sur le territoire nigérien sont donc susceptibles d’avoir des répercussions diplomatiques.
Pour autant, aucune conclusion définitive ne peut être tirée concernant une éventuelle implication institutionnelle du Bénin sur la seule base du témoignage diffusé.
La prudence reste de mise, notamment en ce qui concerne les personnes citées et les institutions susceptibles d’être mises en cause.
Ange Chekaraou dément toute implication
Parmi les personnes mentionnées dans cette affaire figure Ange Chekaraou, dont le nom a été associé aux accusations rapportées par l’ancien inspecteur.
Ange Chekaraou a cependant démenti toute implication dans les opérations présumées évoquées par Habibou Oumarou Mamane.
Ce démenti constitue un élément important du dossier et rappelle que les accusations formulées ne font pas l’unanimité parmi les personnes concernées.
En l’absence de preuves judiciaires publiquement établies permettant de confirmer les faits allégués, il serait prématuré de présenter les déclarations de l’ancien policier comme des vérités définitives.
La présomption d’innocence doit ainsi être respectée, aussi bien pour les onze personnes placées sous mandat de dépôt que pour les individus cités dans les témoignages.
Onze personnes écrouées, de nombreuses interrogations
Le placement sous mandat de dépôt de Habibou Oumarou Mamane et de ses dix coaccusés marque une nouvelle étape dans cette affaire.
Cette mesure judiciaire ne constitue toutefois pas une déclaration de culpabilité. Elle s’inscrit dans le cadre d’une procédure dont les contours exacts, les éléments matériels et les responsabilités individuelles devront être précisés par les autorités compétentes.
Plusieurs questions restent en suspens : quelles sont les charges exactes retenues contre les personnes écrouées ? Les déclarations de l’ancien inspecteur sont-elles corroborées par des éléments indépendants ? Existe-t-il des preuves établissant des liens entre les personnes citées et les opérations présumées de déstabilisation ?
Autant d’interrogations auxquelles les investigations judiciaires devront apporter des réponses.
Une affaire à suivre entre Niamey et Cotonou
Au-delà de son volet judiciaire, l’affaire Habibou Oumarou Mamane pourrait avoir des conséquences sur les relations entre le Niger et le Bénin.
Les accusations évoquées, les démentis formulés et le contexte politique régional contribuent à faire de ce dossier une affaire particulièrement sensible.
Pour l’heure, les faits établis concernent principalement le placement sous mandat de dépôt des onze personnes et l’existence du témoignage télévisé de l’ancien inspecteur.
La suite de la procédure permettra, espérons-le, de clarifier les responsabilités et de distinguer les faits vérifiés des accusations encore contestées.
Dans cette affaire qui intrigue autant au Niger qu’au Bénin, la justice demeure attendue pour établir la vérité, dans le respect des droits de toutes les personnes concernées.
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